La trente mue : Et si l'âge n'était qu'une invention de l'esprit ?
On appelle cela la " crise de la trentaine ". Un terme clinique, presque sec, pour décrire ce séisme intérieur qui nous pousse à tout renverser.
Récemment, j'ai ressenti ce besoin viscéral de renouveau : modifier des habitudes alimentaires, changer mon physique et écouter encore plus mes besoins et mes envies.
Ces élans de tout, ce sont les battements d'un cœur qui refuse de se laisser figer par un calendrier.
La cage des chiffres
Pourtant, au-delà de ces changements, une idée me poursuit : Qu’est-ce que l’âge, sinon une invention humaine pour se repérer dans le temps ?
Nous avons créé les dates et les bougies comme des balises.
Mais à force de compter, nous avons fini par nous enfermer dans une case. On nous apprend, dès l’enfance, qu’avancer dans le temps signifie nécessairement « diminuer ».
On scrute le miroir en attendant l’usure, comme si notre corps était une machine promise à l'épuisement.
Le corps comme écho de l'esprit
Et si nous étions victimes d'un conditionnement ?
Certes, le corps évolue, mais notre esprit est un alchimiste. Si l’on nous avait dit que chaque année qui passe nous rend plus légers, plus affûtés, plus proches de notre essence, marcherions nous de la même manière ?
La vieillesse est peut-être simplement le nom que l’on donne à une pensée qui a cessé de s'émerveiller.
Inverser la polarité
Vieillir mieux, c’est peut-être refuser de croire au calendrier. Si l’esprit reste fluide, si la curiosité demeure notre moteur, alors le corps peut suivre une tout autre partition. La vitalité n'est pas une ressource qui s'épuise, c'est un élan que l'on entretient par l'audace et la joie.
Aujourd'hui, je ne compte plus les années. Je préfère compter les matins où je me sens plus neuf que la veille. Car au fond, nous n'avons que l'âge de nos envies.